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Saison 2008


Tu viens d'effectuer un stage à Pen Bron avec ton équipe. Quel était le programme de ces dix jours ?
Ce stage était consacré en grande partie à l'entraînement foncier et à la mise en place de l'équipe. En effet, nous avons fait environ 31 heures de vélo en 8 jours, 4 heures en moyenne. Le rythme n'était pas très élevé, en décembre, on met l'accent sur le foncier en évitant les intensités.
Les soirées étaient consacrées aux diverses réunions sur le fonctionnement de l'équipe (avec les coachs, les responsables de la française des jeux...).
Le samedi a eu lieu la traditionnelle soirée des supporters où nous avons pu côtoyer nos supporters de l'ouest de la France !!!

Ta saison 2009 débute par le tour du Gabon. N'aurais-tu pas préféré différer la reprise des courses, ou cette préparation te convient-elle ?
Effectivement, j'aurai préféré faire les 2 stages de l'équipe au lieu de me rendre au Gabon afin de faire une bonne base de foncier. Notre sponsor organise là-bas, une opération humanitaire contre le sida et nous nous devons de nous y rendre pour transmettre également le message. Je suis malgré tout satisfait d'y aller pour découvrir cette course. Je n'en ai eu que de bons échos. Je vous ferai le compte rendu dès mon retour avec des photos à l'appui !!!

Cette année le Tour de France fait étape au Grand-Bornand et le lendemain, un contre la montre autour du lac d'Annecy est programmé. La question que tout le monde se pose : As-tu une chance de disputer la grande boucle, ou ton inexpérience sur un grand tour et ton jeune âge ne constituent-ils pas une entrave à une éventuelle sélection ?
En effet, le tour faisant étape en Haute-Savoie, j'ai très envie d'être de la fête. J'ai effectivement une chance d'y être. Cependant, la sélection sera dure à obtenir puisque tout le monde espère disputer l'épreuve. Les résultats du début de saison seront primordiaux en vue d'une éventuelle participation. Nous serons fixés fin mai.
C'est vrai que mon jeune âge peut constituer un frein à ma sélection mais cette année, j'ai effectué le même programme que ceux qui ont participé au tour et j'espère que c'était une préparation pour y participer à mon tour cette année !

Noël et la fin d'année approche. En cette période de vœux as-tu un message à passer à tes proches, et à tes supporters ?
En premier lieu je voudrais remercier tous mes proches (mes parents, ma sœur, Benoit, ma copine, mes oncles et bien sur ma nièce) du soutien qu'ils m'apportent durant toute l'année car il est vrai que lorsque je prépare un objectif, je ne suis pas toujours facile à vivre !!!
Pour mes supporters, je voulais encore les remercier pour tous les encouragements et les preuves de soutien qu'ils me donnent, dans les bons comme dans les mauvais moments !!!
Je leur donne rendez-vous la saison prochaine, où les résultats devraient être meilleurs !

Que peut-on te souhaiter pour 2009 ?
Je demande qu'une chose : que la poisse m'oublie un petit peu !!!


Sans vouloir remuer le couteau dans la plaie, que s'est-il exactement passé dans le contre la montre de Varèse ?
Au départ, mon guidon a cassé au niveau de la poignée de frein. Impossible de continuer avec ce vélo. J'ai dû changer de machine, mais pour moi, le championnat du monde était déjà terminé. Je pense que ma chute lors du contre la montre du critérium du Dauphiné a dû fragiliser mon guidon. Malheureusement, sur un cintre carbone on ne voit aucune fissure ou aucun choc, ce qui ne nous a donc pas incité à le changer. Depuis le Dauphiné, j'ai utilisé ce vélo toutes les semaines et il a fallu qu'il casse le jour du championnat. Tant pis, on reviendra l'année prochaine

Tu as terminé la saison par deux manches de coupe de France. Comment se sont déroulées ces deux courses ?
La 1ère, le Tour de Vendée a été couru sous le déluge. La pluie et le vent n'ont pas arrêté et ont rendu la course très difficile. Avant cette manche, nous étions leader du classement général par équipe et nous avions à coeur de conserver cette place et même d'accentuer notre avance. Malheureusement, peu avant la mi-course, une échappée sérieuse s'est formée (Chavanel, Pineau, Gautier...) et nous avons décidé de rouler pour réduire l'écart et tenter d'effectuer un regroupement général sur le circuit final. Pour ma part, les sensations n'étaient pas très bonnes et j'ai donc décidé de rouler le premier afin de préserver mes coéquipiers pour la fin de course. J'ai abandonné lors du ravitaillement, après 130km de course.
La seconde manche était Paris-Bourges. Au départ de cette course (sous le soleil !!), nous sommes toujours leader au classement par équipe, et seuls les Bouygues-Telecom peuvent encore nous doubler. Rapidement une échappée de 5 coureurs se forme. Aucun représentant de Bouygues-Telecom et aucun coureur dangereux pour Jérôme Pineau, le leader au classement individuel. Le peloton laisse filer les 5 hommes qui pourront se
disputer la victoire. Derrière, nous arrivons tous au sprint. Nous gagnons le classement général par équipe.

Avec Paris-Bourges s'est donc achevée ta première saison dans les rangs professionnels. Quel bilan tires-tu de cette année ?
Je tire un bilan plutôt contrasté. Je suis plutôt satisfait de mes résultats même s’il me manque un résultat majeur, que j'aurais sans doute obtenu (au Dauphiné ou au Tour de l'avenir) sans cette malchance qui m’a poursuivi toute la saison. J'ai découvert de grandes courses avec un gros programme en mai-juin (Tour de Romandie, Tour de catalogne et Dauphiné) qui me permettra de faire une bonne saison l'année prochaine.
Je sens que cette 1ère année m’a fait progresser au niveau physique. J'ai pris de la force et pu m'améliorer au niveau de la tactique de course grâce à des coureurs comme Sébastien Joly, Benoit Vaugrenard, Sandy Casar ou Frederic Guesdon qui m'ont donné beaucoup de conseils.

As-tu un programme de défini durant l'intersaison ?
Je n'ai pas de programme défini. Je vais couper complètement jusqu'a fin octobre. Début novembre, je recommencerai progressivement l'entraînement (1 jour sur 2) mais sans toucher au vélo. J'axerai ma reprise sur le physique (course à pied, musculation, ski) avant de reprendre le vélo la 3ème semaine de novembre par du pignon fixe. Notre premier stage est prévu pour début décembre.
Cet hiver, je vais faire davantage de ski de fond. Je reprends ma licence au ski club du Pays-Rochois ce qui me permettra de faire plus de compétitions en décembre et Janvier.


Tu as débarqué sur le tour de l'Avenir avec une grosse pancarte dans le dos. Cette étiquette de favori a-t-elle été difficile à gérer durant ces 10 jours de courses ?
C'est vrai que j'étais pas mal surveillé, ce qui m'obligeait à attendre les étapes difficiles pour pouvoir tenter quelque chose. Lors des étapes difficiles, la sélection se fait à "la pédale". Avoir cette étiquette de favori est plutôt flatteur, cela signifie que l'on est en forme et que l'on fait peur.

Sans faire offense à ta modestie, ce tour de l'Avenir, c'est toi qui devais le gagner. Que s'est-il passé dans cette fameuse 8ème et avant dernière étape (étape de montagne) ?
Je ne sais pas si j'aurais gagné ce tour de l'avenir mais en tout cas je pense que j'aurais obtenu un meilleur classement général. Lors de cette étape de montagne, nous nous sommes retrouvés huit coureurs en tête. Nous avions lâché les deux premiers du classement général et c'est donc moi qui me retrouvais le mieux placé de l'échappée. Malheureusement, au pied du 2ème col, mon câble de dérailleur a cassé et j'ai du attendre plus d'une minute ma voiture pour changer de vélo. Je suis donc reparti derrière le maillot jaune et assez loin de mes anciens compagnons d'échappée. Je n'ai jamais pu les rejoindre et même si dans le dernier col j'ai pu lâcher à nouveau le maillot jaune et lui reprendre une minute, cela n'a pas suffi. Grosse déception lors de cette étape car j'avais de bonnes sensations, mais belle satisfaction avec la victoire d'Arnold.

Te voilà sélectionné pour représenter la France au championnat du monde élites contre la montre. Chapeau ! Comptes-tu faire une préparation spécifique ?
Oui, je pars en stage mercredi jusqu'a dimanche au petit Kolberg avec mon entraîneur et l'équipe de France espoir. Au programme, beaucoup d'intensité et de derrière scooter. Ensuite on ira directement à Varèse et je terminerai mon entraînement spécifique sur place.

La fin de la saison cycliste approche à grands pas. Après les championnats du monde, sur quelles épreuves comptes-tu t'aligner ?
Après le championnat du monde, il me restera 3 courses : Le Tour de Vendée, Paris-Bourges et le Tour de Lombardie.


Entre le tour du Doubs et Paris-Corrèze, un mois s'est écoulé sans compétition. Comment as-tu géré cette période ?
La semaine qui a suivi le tour du Doubs, j'ai continué à rouler tranquillement jusqu'au samedi. Ensuite, j'ai coupé une semaine complète, puis je suis parti 6 jours en Corse en coupant complètement avec le vélo. J'ai repris à rouler le 21 juillet par un stage avec l'équipe à Besançon. Durant cette période, la coupure est très importante puisqu'elle va nous permettre de repartir motivés pour les objectifs de fin de saison.

Durant cette période se disputait le Tour de France. Que penses-tu de l'édition 2008 et des résultats de ton équipe ?
Ce tour de France était plutôt passionnant avec du suspense jusqu'au dernier contre la montre. Aucun coureur n'a dominé cette édition, ce qui a rendu la course très palpitante surtout dans les étapes de montagne.
En ce qui concerne mon équipe, le tour a été plutôt bon malgré un manque de réussite. Sur le tour, seule la victoire d'étape compte et malheureusement pour la française des jeux, ils ont obtenu 4 places de 2ème mais aucune victoire. Cependant, tous les coureurs de l'équipe ont répondu présents même ceux qui découvraient le tour. Je pense qu'avec plus de réussite, leur tour aurait pu être très bon.

Tu sors du Tour de l'Ain avec à la clef une remarquable performance (6° au général et maillot blanc du meilleur jeune). Comment as-tu vécu ces quatre jours de courses ?
Je ne m'attendais pas du tout à être en aussi bonne forme sur cette course. En effet, j'avais prévu de me servir de cette course pour monter en puissance en vue du tour du Limousin. Cependant, les deux premiers jours m'ont permis de me tester et de voir que les jambes répondaient bien. De plus, au fil des jours les sensations s'amélioraient. Lors de l'étape de montagne, les sensations étaient très bonnes malgré le mauvais temps. En revanche, lors du contre la montre, les sensations n'étaient pas très bonnes. J'ai tenté de limiter la casse, ce qui m'a permis de remonter à la 6ème place du général. Ces 4 jours, m'ont donné confiance pour le reste de la saison. J'ai pu voir que ma coupure a été bénéfique.

Bientôt le Tour de l'avenir. Quelles sont tes ambitions sur cette épreuve et envisages-tu une sélection pour les championnats du monde de Varese ?
Le tour de l'avenir est un de mes objectifs de fin d'année. Je vais retrouver avec plaisir l'équipe de France. Sur cette course, je viserai une victoire d'étape et un bon classement général. J'espère pouvoir être au top dès le départ de la course. En revanche, si les sensations ne sont pas bonnes, je me mettrai au service de l'équipe.
En ce qui concerne le championnat du monde, j'espère être sélectionné. Sylvain Chavanel est assuré d'être présent. Pour ce qui est de la dernière place, nous sommes encore plusieurs en lice. La sélection se fera sur les différents contre la montre et sur la forme du moment. Les courses à venir seront donc importantes pour envisager une sélection.


Tu viens de réussir brillamment ton DUT en techniques de commercialisation. Félicitations ! Durant ces trois dernières années, tu as certainement mesuré la difficulté de mener de front études et carrière cycliste. Qu'en est-il ?
Tout d'abord, je suis très satisfait d'avoir terminé mes études et obtenu mon diplôme. Je vais pouvoir me concentrer pour la 1ère fois à 100% au vélo. Durant mes deux premières années, la conciliation de mes études et du vélo s'est plutôt bien passée car les courses amateurs sont très souvent le week-end. De plus, mes cours finissaient le jeudi midi, ce qui me permettait de partir en course le vendredi et de revenir le lundi pour la reprise de la semaine. En revanche, depuis mon passage chez les professionnels, la conciliation des deux a été plus difficile. En effet, les stages sont plus nombreux, les courses sont régulièrement en semaine ce qui m'a fait rater beaucoup de cours. J'ai dû rattraper mes cours avant de pouvoir passer mes examens. Le plus dur a été de trouver des dates libres pour pouvoir tout rattraper, le mois de mai étant particulièrement chargé!!

Depuis la dernière interview, tu as participé au Dauphiné-Libéré et disputé les deux épreuves réservées aux professionnels au championnat de France. Tu t'es bien comporté lors de ces courses, mais je pense qu'avec un brin de réussite tes résultats auraient pu être exceptionnels. Qu'en penses-tu ?
C'est vrai que la réussite n'a pas souvent été avec moi depuis le début de la saison, ce qui me laisse un goût amer par rapport à mes résultats. Au Dauphiné-Libéré, j'avais coché le CLM et les 2 étapes qui passaient en Haute Savoie. Malheureusement ma chute au Dauphiné m'a privé d'une place dans les 10 premiers du chrono et m'a par la même occasion handicapé pour le reste de la course. La frustration a été grande car c'est une course qui me tenait à coeur et terminer dans les 10 premiers du chrono pour ma 1ère participation aurait été une belle récompense.
Pour les championnats de France, mon objectif était le chrono. Cependant, le parcours n'était pas vraiment "taillé" pour moi et les sensations n'étaient pas non plus au top. Je termine à 13 secondes du podium, ce qui n'est pas catastrophique mais pas non plus conforme à mes attentes.
En ce qui concerne la course en ligne, j'avais un rôle d'équipier pour mes leaders. La course était dure et très longue et la seule satisfaction sera d'avoir tenu la distance et terminé mon 1er championnat de France.


Sur le Dauphine-Libéré, où tu pédalais à domicile, et lors des championnats de France, le Kop Coppel (ton fan club), ainsi que bon nombre de supporters étaient présents. As-tu pris conscience de toute cette ferveur et de cette agitation autour de toi ?
Je me suis vraiment rendu compte de l'ampleur que prenait mon fan club lors du Dauphiné et particulièrement lors de l'étape où l'on montait le salève. La route taguée, les T-shirts, les encouragements m'ont vraiment fait plaisir et un peu atténué la déception de ne pas avoir pu me battre avec les meilleurs.
Tous les encouragements et les événements organisés pour moi (voyage en car, T-shirts...) me donnent encore plus envie de me surpasser et de leur faire plaisir.
Je profite de cette question, pour remercier toutes les personnes qui sont venues au championnat de France mais également toutes celles qui m'ont soutenu de près ou de loin jusqu'à maintenant.

La saison cycliste marque un creux pour tous les coureurs qui ne participent pas au tour de France. Quel est ton programme durant cette période ?
Dimanche, je participe au tour du Doubs, ce qui sera ma dernière course du mois de juillet. Ensuite, je vais prendre une petite semaine de repos afin de récupérer de ma 1ère partie de saison. Je pense partir quelques jours en vacances, cela me permettra de couper avec le vélo et de mieux repartir pour la seconde partie de saison. Je reprendrai l'entraînement la 3ème semaine de juillet avant d'enchaîner sur un stage à Besançon avec le reste de l'équipe. Les courses reprendront pour moi le 3 août avec la Polynormande.


Le Tour de Romandie a été pour toi ta première course ProTour. Le niveau est-il réellement plus élevé que sur les autres épreuves ? Peux-tu commenter ta course ?
Les courses pro tour sont vraiment différentes des autres courses. Sur ces courses, les équipes viennent souvent avec un leader unique et font la course en fonction de lui. Les courses sont souvent plus structurées et roulent beaucoup plus vite. Les équipiers font le travail et les leaders s'expliquent dans les dernières bosses ou dans les passages stratégiques.
Pour ma part, le tour de Romandie s'est bien passé, malgré une petite appréhension de courir ma 1ère course pro tour devant mes amis, ma famille et l'ensemble du KOP COPPEL !!! Le prologue couru sur 2km était plus une affaire de sprinters que de rouleurs. Ensuite, les deux premières étapes se sont bien passées. La 1ère étape s'est déroulée sous la pluie et le froid (4°). La dernière montée à 10km de l'arrivée a donné lieu à la grande explication. Pour ma part je termine dans un groupe de contre à 1 minute des premiers. La seconde étape est arrivée au sprint malgré l'échappée de Rémy qui a été repris à 7km de l'arrivée. Le contre la montre a été contrasté pour moi, puisque je n'ai pas réussi à me mettre "en route" sur le plat avant de bien me relancer dans la bosse. An final je me classe 17ème à moins de 10 secondes de la 10ème place. Je suis déçu car avec un départ plus rapide j'aurais pu me classer dans les dix premiers. Les deux derniers jours m'ont permis de me mettre en évidence et d'aider l'équipe. J'ai réussi à me glisser dans l'échappée matinale lors de l'étape de montagne avant de me faire rattraper dans le dernier col par les meilleurs. Lors d'une étape de montagne on est souvent mieux devant que derrière !!! Le dernier jour j'ai réussi à reprendre la bonne échappée mais qui a échoué à 10km de l'arrivée.

Tu sors du Tour de Catalogne (2° épreuve ProTour pour toi). Comment s'est déroulée cette semaine de course ?
Cette seconde course était la plus longue de ma saison avec sept étapes. Dans l'ensemble, cette course s'est bien passée avec le beau temps et la chaleur (excepté la dernière étape courue sous la pluie). Toutefois cette course était particulière car dès le 2ème jour, une étape de montagne était au programme. La course a donc été contrôlée le 1er jour avec un sprint massif en attendant la grande explication du lendemain. Lors de cette étape, cinq cols étaient au programme. Dans le dernier col, nous étions un groupe de 30 coureurs jusqu'à 2km du sommet, avant que les espagnols dynamitent la course. Ces attaques ont scindé le groupe en deux. La descente dangereuse et technique a permis à Dessel de s'échapper et de gagner l'étape. Pour ma part, je termine dans le 2ème groupe à 2 minutes du 1er. Je suis plutôt satisfait car les sensations étaient moyennes. Le lendemain un groupe de 4 se dispute la victoire avec 10 secondes d'avance sur un groupe de 50 coureurs où je me trouvais. L'étape du samedi était vallonnée et j'ai réussi à me glisser dans l'échappée matinale. Mais comme je n'étais qu'à 2 minutes 20 au général et que la bosse du circuit n'était pas assez sélective, le sprint massif était inévitable. Le dernière étape courue sous la pluie était dangereuse car la route était glissante. Dans une descente, une cassure s'est formée et je me suis retrouvé dans un second groupe. Une bonne semaine dans l'ensemble et un niveau de course très élevé !

Les courses en Espagne (avec une majorité de coureurs espagnols) sont-elles différentes des courses courues sur le sol français ?
Dans l'ensemble les courses sont les mêmes. La principale différence est la solidarité des espagnols. En effet, la course leur "échappait" au profit des français puisque les deux premières étapes ont été remportées par Huschovd (Crédit Agricole) la troisième par Dessel (AG2R), la quatrième par Chavanel (Cofidis) et le maillot de leader était porté par Pauriol (Crédit agricole). La dernière étape leur a donc permis de courir ensemble, de piéger le crédit agricole et par la même occasion de remporter l'étape et le général.

Tu viens de disputer deux courses à étapes d'une semaine. Sors-tu de ces épreuves fatigué ou au contraire te sens-tu "au top" physiquement et moralement pour affronter le parcours très exigeant du Dauphiné-Libéré ?
Ces deux courses m'ont permis de peaufiner ma forme mais ont quand même été très éprouvantes. J'ai eu du mal a récupérer du tour de Romandie, heureusement que deux semaines séparaient cette course du tour de Catalogne. Afin d'arriver au meilleur de ma forme au Dauphiné, mon entraîneur m’a mis au repos trois jours avant d'enchaîner par un stage en montagne à l'Alpe d'Huez. Cette micro-coupure est essentielle afin de pouvoir encaisser les charges de travail du stage et de ne pas accumuler davantage de fatigue.
Je suis plutôt impatient de courir le Dauphiné, car c'est une course très importante où tous les meilleurs coureurs y vont pour préparer le tour de France. D'après ce que j'ai entendu dire, c'est un des Dauphinés les plus durs de ces dix dernières années, j'espère que tout ce passera bien !!


Que penses-tu de tes quatre dernières courses dans l'ouest de la France, qui se sont soldées par des résultats plus qu'encourageants ?
Sur ces quatre courses j'ai connu des résultats plutôt différents même si la forme était au rendez-vous. Sur la route Adélie la forme était là mais malheureusement un groupe de 25 coureurs est parti à 50kms de l'arrivée et c'est sur une erreur de placement que j'ai été piégé. C'est toujours rageant mais les jambes répondaient bien. A Rennes, ce fut une course très difficile avec des températures de 2 à 4 degrés maximum, de la pluie, de la grêle et du vent !! Tout le peloton était frigorifié, on n’arrivait plus à manger, plus à freiner. Heureusement, le temps était meilleur sur le circuit final et l'allure élevée nous a permis de nous réchauffer !!! Je me suis mis au service de nos sprinters Hutarovich et Chavanel. Au tour du Finistère, j'ai pu me rendre compte que la forme était là surtout en fin de course. Malheureusement, le sprint n'étant décidément pas mon fort je n'ai pris que la 8ème place sur 11 !!!!! Je pense que j'avais les jambes pour faire mieux. Ce sera pour une prochaine fois, j'espère !!! La forme arrive et ces courses m'auront permis de bien me préparer pour les courses à étapes à venir.

La météo pluvieuses de ces dernières semaines perturbe-t-elle ta préparation ?
Un peu, oui. Ce n'est pas vraiment la pluie mais plus le froid qui me perturbe. Je compense avec de l'home-trainer quand il fait trop mauvais. Je raccourcis mes entraînements quand il fait trop mauvais et à l'inverse, je rallonge quand le temps est meilleur. Vivement les beaux jours !!!!!

Les 10 jours qui séparent le Tour du Finistère du Tour de Romandie sont-ils synonymes d'études studieuses, de récupération ou d'entraînement intensif ?
Ces 10 jours vont surtout me permettre de peaufiner ma forme jusqu'au tour de Romandie. Cette période sans course est très importante puisqu'il ne faut pas trop relâcher la "pression" afin de ne pas arriver "bloqué" pour les premières étapes. Je m'entraîne donc tous les jours, en faisant des sorties plus courtes mais avec davantage d'intensités.
Du côté des études je suis en vacances ce qui me permet de bien récupérer. J'essaie néanmoins de rattraper un peu mes cours car j'ai bientôt mes partiels.


Tu vas enchaîner dans les six semaines qui viennent trois courses Pro Tour. Dans quel état d'esprit les abordes-tu et quels sont tes objectifs sur ces épreuves ?
J'arrive sur ces courses plutôt "frais" puisque je n'ai pas beaucoup couru jusqu'ici en prévision de ces 3 grosses courses et des championnats de France qui suivront. J'arrive toutefois dans l'inconnu puisque je n'ai pas encore fait de course à ce niveau. Sur les premières étapes, je pourrais me rendre compte de l'allure et de la manière dont ces courses se passent.
Je vais au tour de Romandie motivé car c'est à côté de chez moi et mes supporters seront là !! Je pense que sur cette course, on aura tous notre chance et notre carte à jouer sur une étape. Pour ce qui est du Tour de catalogne, j'irai pour prendre le rythme et améliorer ma forme. Ensuite le Dauphiné est le gros objectif car c'est la course du "coeur" et je suis content de pouvoir y participer. Cependant, le niveau sera très élevé et les étapes très dures. je serai là bas pour aider au maximum Sandy et Remy. J'espère être à la hauteur de cette grande course.


Depuis la dernière interview tu as fais une série de courses en Belgique puis en France. Quelles sont tes impressions concernant ces courses et où en es-tu au niveau de tes sensations ?
Pour ce qui est des courses en Belgique, ce sont vraiment des courses difficiles, avec des parcours toujours venteux, des pavés et souvent du mauvais temps !!! Des vraies courses de guerriers !! Ce ne sont pas des courses faites pour mes qualités mais cependant, je suis allé là bas motivé et en voulant bien faire. J'ai beaucoup appris sur ces 2 courses : à me placer, ce qui est très important avant les secteurs pavés, et à "frotter" avec les flahutes. Tout ça va me servir pour les courses mieux adaptées à mon profil. Sur ces courses les sensations n'étaient pas très bonnes. Ensuite j'ai repris un programme de courses françaises avec Cholet et Critérium International. A Cholet les sensations revenaient et ce week-end les sensations étaient meilleures même si le résultat n'est pas au bout.

Est-ce que certains coureurs t'ont impressionné depuis ce début de saison ?
Oui, principalement les coureurs des classiques car ils sont déjà très en forme, à l'inverse des coureurs du tour ce qui provoque une différence de niveau entre eux. Parmi eux, Valverde à Cholet était très fort, Voigt et Franck Schleck de CSC et bien sûr Philippe Gilbert qui marche très bien en ce moment.

Tu t'étais taillé une solide réputation dans la discipline du contre la montre chez les amateurs. Comment as-tu abordé ton premier rendez-vous chez les professionnels ?
J'ai fait ce premier chrono sans pression, juste avec l'envie de bien faire et de me tester par rapport aux meilleurs, même si je savais qu'un chrono de 8km n'était pas vraiment fait pour moi, ce n'est pas assez long. Le chrono qui se déroulait sous la pluie était difficile dans sa 1ère partie puis très roulant à la fin. Je me suis fait une petite frayeur dans le 1er virage où ma roue arrière a glissé, ce qui m’a un peu "refroidi" pour les descentes suivantes. J'ai assuré dans les virages et par la même occasion perdu beaucoup de temps, ce qui se paie cher sur 8km. Je suis à la fois satisfait et déçu de mon chrono. Satisfait car la forme et les sensations arrivent et déçu car en prenant plus de risques j'aurai pu faire un top 10 et peut être mieux.

Y-a-t-il un changement à ton planning de courses pour le mois d'avril. Quelles sont tes ambitions pour les courses à venir ?
Oui il y a des petits changement puisque le grand prix de Rennes qui se déroulera le 6 avril a été ajouté à mon programme. Ensuite le programme devrait être le même.
Pour la route Adelie, une course apparemment usante j'espère pouvoir peser sur la course et aider un maximum l'équipe. Pour Rennes, une course plutôt plate je serais totalement au service de l'équipe et de nos sprinters. Ensuite sur le circuit de la Sarthe j'irai avec l'ambition de bien figurer au classement général et de réaliser un bon chrono. On verra si la forme suit !!



Comment as-tu vécu ta première course à étapes chez les professionnels (le tour méditerranéen) ?
Ma 1ère course s'est bien passée. Au début c'est impressionnant de courir avec des coureurs comme Hushovd, Pereiro, Chavanel... Dans le peloton on les laisse passer, on ose pas trop aller frotter par respect mais finalement ils sont sympas et on arrive même à parler avec certains d'entre eux. En plus le temps était parfait, les étapes pas trop longues. Des conditions idéales pour commencer.

Tu as réalisé une véritable performance en terminant 12ème au sommet du mont Faron. Ce résultat te surprend-t-il ?
Oui ! Lors du briefing nous avions convenu que mon rôle serait de prendre les échappées dans les 50 premiers kms, c'est à dire jusqu'au pied du second col. Le peloton n'a laissé partir aucune échappée et c'est au pied de l'Espigulier (le second col de 1ère catégorie) que la bonne échappée est partie. J'étais dedans avec entre autre Chavanel, Botcharov, Moncoutier, Hushovd, Bonnet, Lelay. 14 coureurs au total. Le groupe s'est cassé en deux au pied du Faron et ensuite j'ai géré ma montée comme un contre la montre, à mon rythme, avant de voir revenir sur moi le groupe des costauds sorti du peloton. J'ai ensuite aidé Remy Di Grégorio et je me suis fait décrocher du groupe à 800m du sommet.

Comment s'est déroulée ta 2° course ?
J'ai participé au trophée Laigueglia en Italie où il y avait tous les meilleurs italiens (Pozzato, Di Luca, Paolini, Garzelli, Cunego, Simoni...). La course comprenait un circuit avec un col de 10kms à monter 3 fois. Une échappée de 2 coureurs est partie au bout de 40kms ensuite c'était tempo jusqu'à la dernière bosse où là toutes les équipes de leader ont roulé à bloc. Au sommet un groupe de 13 coureurs est sorti, quant à moi je me trouvais dans le second groupe. Tout s'est regroupé dans la descente pour une arrivée au sprint de 75 coureurs.Les sensations étaient plutôt bonne pour un mois de février.

Après deux courses dans les rangs professionnels, quelles sont tes premières impressions et quels enseignements en tires-tu ?
Le rythme est la grosse différence avec les amateurs. Il est beaucoup plus élevé dans tous les domaines (plat montée et descente). La course est très structurée avec souvent une échappée au long court puis ensuite les équipes de leader prennent la course en main et le rythme monte encore d'un cran. Il y a également beaucoup plus de respect, et de règles. Quand une équipe roule, on ne va pas la perturber. Quand il y a le sprint on laisse les vrais sprinters s'expliquer, ce qui n'est pas le cas en amateur.
L'enseignement principal que j'en ai tiré est qu'il y a encore beaucoup de travail pour être au niveau !!!!!!!! Le manque de puissance est ce qui me fait le plus défaut, c'est donc sur ce point là que je vais travailler dans les semaines à venir.

Quel emploi du temps as-tu (si ce n'est pas trop indiscret) avant ta prochaine course ?
Je vais donc rejoindre la Haute-Savoie vendredi soir. Le week-end sera consacré au repos et à la récupération totale après ce gros stage. Puis lundi reprise tranquille de l'entraînement avant de faire une bonne sortie mardi (5h) et une sortie plus rythmée le mercredi (3h + 1h derrière derny). La journée de jeudi sera consacrée au transfert vers la Belgique avec 2h de vélo en décontraction avant la course vendredi, samedi, dimanche.


Jérôme, comment s'est faite ton intégration dans ta nouvelle équipe (FDJ.com) ?
Mon intégration s'est très bien passée. Au début c'est impressionnant de côtoyer des gens comme Casar, Joly, Gilbert ou Chavanel mais finalement ils sont très disponibles et très sympas. Tout le monde s'entend bien, l'ambiance est très bonne, on sent un vrai esprit de famille.

Dans quel état d'esprit te sens-tu à la veille de ta première course dans les rangs professionnels ?
Plutôt bien, détendu. L'équipe ne me met pas la pression car elle sait que je ne suis pas encore en forme. J'ai hâte de commencer et de découvrir enfin ces courses pro et tout ce qui se passe autour. Je vais pouvoir me situer physiquement et voir si ma préparation hivernale a été bonne.
Je vais donc au tour « med » sans pression juste avec l'envie de bien faire et d'aider au mieux l'équipe, car nous avons une bonne équipe et la possibilité de bien faire !! On fera le bilan dans 8 jours !!!


Où en es-tu au niveau de ta préparation ?
En ce qui concerne ma préparation, je suis dans les temps. C'est à dire normal pour un mois de février. J'ai beaucoup plus roulé que lorsque j'étais amateur mais sans faire d'intensités. Je commencerai après le tour « med ». Mes objectifs sont plus tard dans la saison et je ne voulais pas arriver au top sur le tour « med ». J'ai fait en sorte d'arriver avec une forme qui me permettra de ne pas trop subir mais certainement pas de jouer la victoire pour le moment.

As-tu un mot à dire à tous tes supporters ?
Tout d'abord un grand MERCI à tous. A ceux qui me soutiennent au bord des routes, à ceux qui m'apportent leur aide de n'importe quelle manière que ce soit ( Kop coppel, site internet....). J'espère que je ferais une bonne saison pour les remercier.
J'espère également qu'ils seront nombreux à venir m'encourager sur le bord des routes car je pense que j'en aurai besoin!!!!!


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