Livre d'or 2016 Livre d'or 2014-2015 Livre d'or 2012-2013 Livre d'or 2010-2011 Livre d'or 2008-2009

Saison 2009


24 septembre, tu disputes le championnat du monde du contre la montre élite à Mendrisio. Le résultat obtenu n'est pas à la hauteur de tes espérances. Comment analyses-tu cette contre-performance ?
Selon moi cette contre-performance est principalement due à mon manque de compétition. Depuis le tour de l'Ain et l'annonce de mon départ de la française des jeux, j'ai été privé de courses. J'ai essayé de compenser ce manque par un entraînement spécifique (derrière moto, intensités...) mais cela n'a pas suffit et le jour de la course je manquais de forces. J'ai vu rapidement que je n'étais pas dans un bon jour et petit à petit la tête m'a lâché, je n'étais pas venu sur ces championnats pour terminer 20ème ou 30ème. Malgré cette contre-performance j'ai appris beaucoup de choses lors de ma préparation qui me serviront pour les années à venir.

Cette épreuve marque la fin de la saison pour toi. Est-ce pour autant les vacances ?
Pas totalement. En effet, après le championnat j'ai continué à rouler jusqu'à mi-novembre pour ne pas couper trop longtemps. J'ai ainsi pu participer à quelques gentlemen. J'ai également profité de la fin de saison pour faire le point sur mon année 2009 avec mon entraîneur et ainsi me projeter sur la saison prochaine.

Les médias parlent beaucoup de Saur-Sojasun, la structure mise en place par Stéphane Heulot. As-tu déjà pris contact avec ta nouvelle équipe pour une présentation à la presse, pour des essais de matériels ou des stages?
Depuis la signature de mon contrat avec l'équipe de Saur-Sojasun, je suis en contact régulier avec les membres de l'équipe (mécaniciens, médecin, directeurs sportifs et manager). Je ne sais pas quand aura lieu la présentation de l'équipe mais je connais déjà la date de notre premier stage : du 16 au 20 novembre à Quibron en Bretagne. Ce stage sera principalement basé sur les tests médicaux et sur la prise de contact avec nos nouveaux coéquipiers et notre nouveau staff.

Quel bilan tires-tu de ta deuxième saison dans les rangs professionnels ?
Je tire un bilan mitigé de ma deuxième saison. En effet, ma première partie de saison a été réussie, avec une victoire à la route Adélie, des places d'honneurs et ma sélection pour le tour avec en prime un bon prologue. Malheureusement, depuis mon abandon au tour, ma fin de saison à été compliquée. Peu de courses et par conséquent peu de résultats.
J'ai quand même pu tirer des enseignements de ma fin de saison qui me seront très utiles pour l'an prochain.


Avant le Tour de France, les médias annoncent que tu as renouvelé ton contrat avec la FDJ. Un mois après, la presse publie que tu quittes cette équipe. Que s’est-il réellement passé ?
Avant le tour, nous avions trouvé un accord verbal afin de prolonger mon contrat mais nous n’avions rien signé. Malheureusement, après mon abandon au Tour quelques divergences de point de vue sont apparues et j’ai donc décidé de quitter l’équipe. J’ai toutefois passé deux très bonnes années à la française des jeux où j’ai pu participer aux plus belles courses du calendrier et poursuivre ma progression. Je quitte une très bonne équipe pour me lancer dans une nouvelle aventure et je leur souhaite beaucoup de réussite.

Tu vas rejoindre l’an prochain une équipe continental pro, Saur-Sojasun. Pourquoi avoir fait le choix de quitter la française des jeux et quelles sont les raisons qui t’ont conduit à signer pour l’équipe dirigée par Stéphane Heulot ?
J’ai décidé de rejoindre Stéphane Heulot car son état d’esprit et son projet sportif m’ont séduit. J’ai une totale confiance en lui et en son équipe dirigeante. J’aurais pu rejoindre des équipes Pro Tour mais pour moi être en continental pro comporte de nombreux avantages et ce n’est pas du tout faire « marche arrière ». En effet, dans cette équipe je vais pouvoir choisir mes courses et ainsi me préparer spécifiquement pour les objectifs que l’équipe m’aura fixés. Avec son statut de continental pro, on pourra également participer aux épreuves de classe 2 qui sont souvent au moment où le calendrier pro tour est « vide ». On sera également invité sur les belles courses (critérium international, Paris-Nice, Dauphiné et certainement Tour de France). De plus, je vais rejoindre mes « potes » avec qui je courais en amateur comme Cyril Bessy ou Julien Simon, continuer à courir avec Sébastien Joly et Guillaume Levarlet et rejoindre un groupe que je connais bien avec une excellente ambiance.

Depuis le Tour de l’Ain tu n’as participé à aucune course. Est-ce une volonté de ta part ?
Depuis le début de l’année, ma saison a été très chargée. En effet, j’ai commencé à courir au mois de janvier lors du tour de Gabon et enchaîné jusqu’au Tour sans vraie coupure. Lorsque j’ai appris ma sélection, j’ai décidé avec mon entraîneur de privilégier la récupération et la préparation spécifique en vue du championnat du monde. Cependant, j’aurais aimé participer à une ou deux courses d’un jour pour garder le rythme mais leur date ne convenait pas à mon programme d’entraînement.


Le fait de ne pas courir ne constitue-t-il pas un handicap pour ta préparation au championnat du monde du contre la montre ?
Oui et non. Ne pas courir me permet de préparer sereinement et spécifiquement le mondial. En effet, en fin de saison je pense que la fraîcheur est un facteur essentiel dans la préparation et ne pas courir m’évite tous ces voyages parfois très fatigants. A l’inverse, le fait de ne pas recourir depuis le tour de l’Ain peut me faire manquer de rythme pour le championnat. Les courses nous permettent de garder le rythme, musculairement et cardiaquement. Afin de palier ce handicap, je fais beaucoup d’intensité derrière scooter et de fractionné en espérant que cela suffise pour le championnat.


Déjà sélectionné l’an passé pour cette épreuve, la malchance ne t’avait alors pas épargné. Dans quel état d’esprit et avec quelles ambitions te rendras-tu à Mendrisio ?
Je vais me rendre à Mendrisio un peu dans l’inconnu. En effet, l’an dernier je n’avais pas pu me mesurer pleinement aux meilleurs et ainsi valider la préparation que j’avais effectuée. Par conséquent, cette année je veux avant tout pouvoir faire mon contre la montre sans problèmes afin de pouvoir voir si ma préparation a été bonne. En ce qui concerne le résultat, je ne sais pas vraiment où me situer, je pense qu’un top 15 serait déjà très bien.


Tu as débuté le Tour de France en fanfare (15ème et 1er français de la 1ère étape), excellent ! Quelles étaient tes sensations sur ce début d'épreuve et quel était ton rôle au sein de ton équipe ?
Au début du tour, les sensations étaient très bonnes. Le contre la montre de Monaco s'est très bien passé. Dès le début, j'ai senti que j'étais dans un bon jour. C'était pour moi une superbe entrée en matière.
Mon rôle dans l'équipe était celui d'équipier. J'étais avant tout là pour découvrir le tour, sans pression. Je devais épauler au maximum mes leaders, les replacer aux pieds des bosses ou leur remonter des bidons.

Quel problème de santé a provoqué ton abandon et comment te portes-tu maintenant physiquement et moralement ?
Après 6 jours de courses où les sensations étaient bonnes tous les jours, j'ai attrapé une gastro-entérite qui m'a enlevé toutes sensations. Je n'arrivais plus à m'alimenter pendant les étapes et par conséquent, je ne récupérais plus.
A mon retour à la maison, j'ai coupé 7 jours sans vélo afin de bien récupérer. Maintenant la gastro est finie mais les sensations ne sont pas encore totalement revenues. J'espère avoir complètement récupéré avant le tour de l'Ain.

Le rythme est-il plus élevé et les coureurs mieux préparés que sur les autres courses du calendrier ?
Oui, la course se déroule sous un rythme fou, je n'ai jamais vu une course rouler si vite. Cela vient du fait que c'est l'objectif de l'année de la majorité des coureurs. Ils se préparent toute l'année pour cette course et arrivent au départ au top de leur forme.

Quelles sont les choses qui t'ont le plus marqué pour ce premier contact avec la grande boucle ?
Le gros changement par rapport aux autres courses ce sont les infrastructures autour de la course. L'organisation est très impressionnante. Le deuxième point est le monde sur le bord de la route. Il y a des gens partout et durant toute l'étape. Quelquefois, on a du mal à voir la route. C'est aussi cela qui rend la course très dangereuse.

Les relations avec les autres équipes engagées sont-elles sympathiques et certains coureurs t'ont-ils impressionné ?
Durant la course, les relations avec les autres équipes et les autres coureurs sont très bonnes, on fait des connaissances au fur et à mesure des étapes, ce qui est très sympa.
Le coureur qui m'a vraiment impressionné est Alberto Contador. Physiquement, on voyait qu'il avait l'air très fort et très serein malgré les tensions qu'il y avait au sein de son équipe. Je pense qu'il était même plus fort mentalement que physiquement.

Malgré ta déception, as-tu continué à suivre le Tour et t'es-tu déplacé sur les étapes qui se sont déroulées en Haute-Savoie ?
Non, je ne me suis pas déplacé sur les étapes, je me contentais de regarder les derniers kilomètres à la télé.

Quel est ton programme d'entraînement depuis que tu as quitté le Tour et quelles sont les futures courses auxquelles tu dois participer ?
Après le tour, j'ai coupé 7 jours, puis repris progressivement l'entraînement. En ce moment je roule principalement aux sensations, si elles sont bonnes je rallonge sinon je raccourcis mes entraînements.
Pour mes courses, je ne sais pas encore précisément mais samedi je fais la classica San Sébastian, et après je pense Paris-Corrèze et le tour de l'Ain.


38ème du Dauphiné-Libéré, c'est une remarquable performance. Est-ce conforme à tes ambitions de départ ?
Je partais au Dauphiné avec l'ambition de faire une bonne performance lors du premier contre la montre à Nancy et de me tester lors des deux premières étapes de montagne (Mont Ventoux et La gargouille à Briançon). J'ai eu de bonnes sensations lors de ces deux étapes. Pour la grosse étape de montagne, j'étais dans la grande échappée mais les sensations étaient moins bonnes que les jours précédents. J'ai lâché prise lors de la montée finale sur Saint François-Longchamp et j'ai terminé plutôt tranquillement. Cette étape m'a fait reculer au classement général. Sans ce jour plutôt "moyen", j'aurais pu espérer un top 30 ou même mieux. Mais les sensations étaient plutôt bonnes et c'est le principal.

Te voilà engagé dans le contre la montre et la course en ligne des championnats de France. Quels sont tes objectifs sur ces deux épreuves ?
Sur le contre la montre, mon objectif est de terminer dans les cinq premiers. Le gros favori est Chavanel mais je pense que derrière, on est sept ou huit coureurs à pouvoir prétendre au podium.
Pour la course en ligne, je ne sais pas trop car la course est longue (250km), dure et va s'effectuer sans oreillette. De plus, le championnat de France est une course spéciale. On ne court qu'entre français et la course d'équipe est quelque fois plus importante que la forme en elle-même.

As-tu réalisé un entraînement spécifique pour l'épreuve du contre la montre ?
Pas spécialement. Cette année, j'ai choisi de moins le préparer que l'an dernier et ainsi de privilégier la récupération. J'ai essayé de bien récupérer du Dauphiné et ensuite je n'ai fait que deux ou trois sorties spécifiques. La récupération est très importante à cette période de l'année et encore plus dans l'optique d'une sélection pour le tour.

Tu as de grandes chances de disputer le Tour de France. As-tu reconnu des étapes ou ciblé certaines qui pourraient te convenir ?
Oui, j'ai reconnu les étapes qui se dérouleront dans les Alpes (Chrono à Annecy, étape du Grand Bornand). Après en ce qui concerne mes objectifs, je ne sais pas du tout. Le Tour est une course très spéciale, où le niveau est très élevé. Si je suis au départ, ce sera avant tout pour découvrir et acquérir de l'expérience.


Un sportif de haut niveau se doit d'avoir une bonne hygiène de vie. Au niveau de l'alimentation, quelles sont les exigences en période d'entraînement ou les menus types en course ?
 En période d'entraînement, on doit surtout faire attention à notre alimentation afin d'éviter les carences (en fer, magnésium ou autres). Personnellement, je profite d'être chez moi pour manger des choses que l'on ne retrouve pas souvent sur les courses : lentilles, poisson, foie ...
En course, les repas sont souvent semblables. La veille des courses on mange : crudités, ensuite viande blanche avec pâtes ou riz et en dessert yaourts ou fruits.
Le matin des courses, on prend un déjeuner normal en rajoutant des produits salés : riz, omelette, jambon ou œuf dur.
 
Hors courses, comment gères-tu une journée (lever, horaires d'entraînement, coucher.....) ?
En général, je me lève à 8h. Je déjeune et je pars rouler entre 10h et 10h30. Dès que je rentre je prends une collation (pâtes si j'ai fait une grande sortie ou céréales et produits laitiers). Ensuite, j'essaie de récupérer un maximum jusqu'au soir.
Pour le coucher, je mange vers 20h, et je vais me coucher vers 22h30, 23h.

 
Peux-tu décrire une journée classique sur une course à étapes ?
Lever 8h, 8h30. Ensuite, petit déjeuner, puis repos dans les chambres jusqu'à l'heure du départ de l'hôtel. On va au départ en bus. Après l'étape, on se douche dans le bus puis on prend une petite collation. Arrivé à l'hôtel, on se fait masser, on va manger et on essaie de récupérer un maximum dans les chambres pour l'étape du lendemain.
 
La question que tout le monde se pose actuellement : « A-t-on une chance de te voir cette année sur le tour de France ? »
Une chance oui, puisque pour l'instant l'équipe a fait une première sélection de douze coureurs et je suis dedans. Maintenant, je pense qu'il faut que je confirme mon début de saison pour gagner définitivement ma place. Je pense que je serai fixé fin du mois ou début juin. Dès que je le saurai, je vous tiendrai au courant.


Avant de revenir sur ta très belle victoire, tu avais déjà réalisé une performance sur Tirenno-Adriatico en signant le 10° temps du contre la montre après avoir fait une échappée de 120 km la veille. Qu'en penses-tu ?
Le contre la montre de Tirreno-Adriatico était pour moi, l'objectif de la semaine. Le plateau était très relevé et j'ai pu voir ou j'en étais physiquement. Le parcours me convenait parfaitement et les jambes tournaient bien, malgré mon échappée de la veille. Je termine le contre la montre à moins d'une minute de Kloden sur 30km. En ce qui concerne mon échappée, je ne pense pas qu'elle m'ait été préjudiciable pour le lendemain, les jambes étaient bonnes.

Sur l'étape matinale du critérium international, tu termines 4° après avoir été repris par le peloton pour immédiatement ressortir dans la bosse finale. Bravo ! Mais avec le recul n'estimes-tu pas que tu avais la force pour être devant avec Voigt le vainqueur final et de cette étape ?
Sur cette étape, les sensations étaient très bonnes et je sentais qu'il y avait un coup à jouer. Quand l'échappée avec Voigt est sortie, nous avons mis deux coureurs dedans, dont notre leader Sandy Casar. On était en position idéale. Malheureusement Sandy à été victime d'une fringale. Personnellement, je ne sais pas si j'aurais pu suivre Voigt jusqu'à l'arrivée car il était très fort. J'ai vu que la forme était là et que j'étais capable de suivre les meilleurs dans les étapes difficiles.

La route Adélie : phénoménale. En suivant le déroulement de l'épreuve, on avait la sensation que ce jour là rien ne pouvait t'empêcher de gagner. Est-ce le cas ?
Pas vraiment. J'étais en confiance après le critérium mais sur une course d'un jour tout peut arriver. Dès le départ, j'ai vu que les jambes tournaient bien, je me suis glissé dans l'échappée du départ comprenant 20 coureurs. Quand le peloton nous a rattrapés, je suis resté tranquille, j'avais besoin de récupérer. Ensuite, à 4 tours de l'arrivée, les sensations étaient toujours bonnes et je me suis dit qu'un résultat était possible sans toutefois penser à la victoire. Toute l'équipe marchait très bien, nous étions toujours en surnombre dans les échappées et j'ai pu profiter du marquage de mon coéquipier Benoit Vaugrenard pour sortir à 3km de l'arrivée avec Lelay.

Lorsque l'on franchit la ligne et que l'on vient de gagner sa 1ère course professionnelle à qui ou à quoi pense-t-on ?
On pense à tous les sacrifices que l'on fait toute l'année et on se dit que le travail finit par payer. On pense également à tous les gens qui nous soutiennent (famille, fan club...) et aussi aux coéquipiers car même si c'est moi qui ai gagné, c'est grâce à toute l'équipe.

Tu avais acquis une grande notoriété dans les rangs amateurs. Le regard que les spectateurs et surtout les coureurs posent sur toi a-t-il changé depuis cette victoire ?
Je ne sais pas si leur regard a changé mais je pense que maintenant ils me surveilleront un peu plus !!

Habituellement tu arrives en forme beaucoup plus tard dans la saison. A quoi attribues-tu ces remarquables performances de début de saison ?
J'ai changé ma préparation hivernale en recommençant le ski de fond d'une manière plus intensive. J'ai moins roulé que l'an dernier mais j'ai effectué beaucoup plus de travail physique (ski, musculation...). Le tour du Gabon m'a aussi permis de rouler au soleil, de courir un mois plus tôt que les autres années et par conséquent d'arriver en forme un mois plus tôt.


Tu viens de disputer le Tour Méditerranéen. A cette occasion, lors de la 2° étape tu as participé à ton premier contre la montre par équipe chez les professionnels. Comment as-tu vécu cette première ?
Cette première expérience était très intéressante. En effet, dans cet exercice, on doit trouver une harmonie entre les huit coureurs, ce qui n'est pas toujours facile. Personnellement, les sensations étaient très bonnes et pour ma première expérience chez les pros, je me suis fait plaisir. On termine 4ème à 35 secondes de la caisse d'épargne. Je pense que l'on est à notre place, les trois premières équipes sont des références dans les contre la montre.

Onzième au sommet du Mont Faron, une sacrée performance. Lors de cette dernière étape du Tour Méditerranéen un de tes coéquipiers pouvait encore prétendre à la victoire finale. La course d'équipe n'a-t-elle pas freiné tes ambitions personnelles ?
Pendant l'étape, je n'étais vraiment pas au mieux et je me suis un peu surpris dans la montée du Mont Faron. Au départ de l'étape, Jussi n'était qu'à 35 secondes du leader et on savait qu'il y aurait un coup à jouer. Je me suis mis au service de Jussi sans arrière pensée. A 3 kilomètres du sommet, j'ai vu que le leader n'était pas très bien, je me suis donc mis à rouler pour lui reprendre un maximum de temps en espérant que cela suffise pour la victoire finale. Malheureusement, il a manqué 15 secondes. En ce qui concerne mon résultat, c'est vrai que sans la course j'aurais peut être pu faire mieux. Toutefois, je ne pense pas que j'aurais pu accrocher les trois premiers. Terminer 4ème ou 11ème ce n'est pas très important. Je ne regrette pas de m’être mis au service de l'équipe car je sais que l'on me renverra l'ascenseur.

Vendredi 27 février tu as effectué des essais en soufflerie. En quoi consiste cette technique et as-tu recueilli des éléments intéressants en ce qui concerne ta position sur le vélo ?
La soufflerie avait pour but d'améliorer notre position sur notre vélo de contre la montre. Cette technique consiste à calculer notre coefficient de pénétration dans l'air dans le but d'être plus aérodynamique et ainsi gagner de précieuses secondes. Le protocole est très simple : nous sommes placés dans un "tube" où l'on reproduit les effets extérieurs (vitesse, force du vent...). Le but est de rouler à la même vitesse que la force du vent qui nous est envoyé (force du vent 40km/h - vitesse sur le vélo 40km/h). La force du vent était progressive : 40, 45, 50, 55, 60, 80km/h. Grâce à un logiciel, on peut voir pour chaque palier notre coefficient de pénétration dans l'air et ainsi voir à grande vitesse si notre position reste efficace. Ensuite, on modifie notre position et notre matériel (roue, casque, combinaison…) dans le but d'améliorer ce coefficient et d'éliminer les gestes parasites pouvant créer des turbulences.
Personnellement, nous avons simplement modifié l'inclinaison de mon guidon. Le but était de réduire l'angle de mes coudes afin de diminuer la résistance au vent. Durant cette journée, on s'est rendu compte que le matériel (combinaison, casque, roue) était presque aussi important dans l'aérodynamisme que la position.

Presque trois semaines séparent ta dernière course, le trophée Laigueglia de la prochaine, Tirreno-Adriatico. Comment gères-tu cette période d'entraînement ?
Pendant cette période, l'entraînement doit être sérieux afin de ne pas perdre le bénéfice des courses. Juste après le trophée Laigueglia, nous avons enchainé avec un stage de trois jours où on a eu d'excellentes conditions climatiques. Nous avons pu bien rouler (4h, 6h et 5h). Ensuite, j'ai coupé deux Jours pour bien récupérer du stage. Maintenant, je vais profiter de mes deux semaines qui restent pour, dans un premier temps, refaire du foncier et ensuite commencer à effectuer quelques intensités en vue de Tirreno-Adriatico (qui sera très relevé), et des courses à étapes qui approchent.


Un début d ‘année exotique avec la Tropicale Amissa Bongo. Qu’est-ce qui t’a marqué lors de ce séjour au Gabon ?
Ce qui m'a le plus marqué durant ce séjour est l'engouement du public pour cette épreuve. En effet, aux départs et aux arrivées, il y avait un monde fou, plus que sur la majorité des courses pro. Courir en Afrique a été pour moi un vrai dépaysement. Les paysages et la culture sont vraiment très différents de l'Europe. J'ai été frappé par leur joie de vivre et par leur accueil, alors qu'ils ne possèdent quasiment rien.

Tu ne semblais pas plus emballé que cela à l’idée d’aller disputer une course en Afrique. Cette semaine a-t-elle été profitable au niveau de ta préparation ?
C'est vrai que je n'étais pas volontaire pour participer à cette course, mais finalement, ce fut très enrichissant. Du point de vue de ma préparation, je vous dirai dans quelques mois si cela a été bénéfique. Le principal avantage en allant là bas était d’avoir de bonnes conditions climatiques. Nous avons pu rouler tous les jours sous une température comprise entre 30 et 40 degrés. De plus, les distances n'étaient pas très longues, ce qui nous a permis de bien travailler sans trop souffrir de la chaleur. Cette course a été un bon moyen pour nous de reprendre la compétition sans pression, de retrouver nos automatismes dans une ambiance familiale.

Après avoir connu de fortes chaleurs sur cette épreuve, le retour à la neige n’est-il pas difficile ?
Effectivement, le retour en Haute-Savoie avec des températures de 0°C n'a pas été facile. Passer du froid au chaud est toujours plus facile que l'inverse. Cependant, à mon retour le temps était plutôt clément (5 degrés), ce qui m'a permis de revenir au froid en douceur. Au Gabon, nous cherchions l'ombre et à mon retour, je cherchais plutôt le soleil, mais sans grand succès.

De la neige, parlons-en. En disputant des courses de ski de fond, c’est un peu le retour aux sources. La pratique de ce sport entre-t-elle dans ta stratégie de préparation et quand comptes-tu poser les skis ?
Le ski de fond a été mon premier sport et il m'a beaucoup apporté quand je me suis lancé dans le vélo. J'ai toujours beaucoup de plaisir à refaire du ski. D'ailleurs, mon entraineur m'encourage à en faire car c'est un très bon complément au vélo. De plus dans notre région, il est plus facile l'hiver de faire du ski que du vélo. Je préfère skier au soleil que rouler dans la vallée et dans le brouillard. En ce qui concerne les compétitions, je pense en faire encore trois (Deux nocturnes et une course régionale). Je poserai les skis aux alentours du 8 février, juste avant le Tour med.

Début février, tu es engagé sur des épreuves qui vont se disputer sur la côte d’Azur. Te sens-tu plus fort que l’an dernier à l’approche de ces courses ?
Physiquement je ne sais pas si je suis plus fort que l'an dernier, je verrai ça durant les premières courses. J'ai moins roulé que l'an dernier mais j'ai fait davantage de ski de fond et de travail physique (musculation, course à pied ...). En revanche, mentalement je suis plus serein puisque je sais où je "mets les pieds", je ne pars pas dans l'inconnu. De plus, mon programme devrait être à peu près similaire à celui de l'an dernier. C'est toujours plus facile quand on connaît déjà les courses.


Haut de page