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Saison 2010


maillot saison 2011

Tu viens de terminer un stage avec ton équipe sur la Côte d'Azur. Comment se déroule ta préparation hivernale ?
Pour le moment ma préparation se passe très bien. Malgré les conditions climatiques difficiles, j'arrive à suivre mon programme, en alternant vélo, VTT, ski de fond et musculation. Le travail est principalement foncier avec un volume d'entraînement qui augmentera progressivement.
Le premier stage de l'équipe effectué sur la Côte d'Azur, nous a permis de nous entraîner sous des températures plus clémentes et de nous retrouver tous ensemble ! Au programme du stage, réunions avec les sponsors, réglages des vélos, sorties d'entrainement et une journée randonnée (marche, VTT, canoë et escalade). Ce stage nous permet de régler le côté administratif et de faire connaissance avec les nouveaux. L'ambiance était comme d'habitude excellente et nous étions tous vraiment contents de nous retrouver.

Beaucoup de cyclistes amateurs effectuent des séances d'home-trainer à l'intersaison. Est-ce un exercice auquel tu t'adonnes régulièrement et as-tu des conseils à donner pour cette pratique ?
Personnellement, je ne suis pas un adepte de l'home-trainer. Il m'arrive d'en faire quand les conditions climatiques ne sont pas bonnes. Malgré tout l'home-trainer est un très bon moyen d'entraînement afin de travailler plus spécifiquement (travail de force, d'intensité...). Cependant, cet exercice déshydrate beaucoup, c'est pourquoi il est très important de bien boire lors de ces séances et de ne pas en faire plus d'une heure.

A l'aube de l'année 2011, des changements, sur le plan matériel (vélo, maillot ......) sont-ils programmés pour l'équipe Saur-Sojasun ?
Effectivement, plusieurs changements sont intervenus pour la prochaine saison. Tout d'abord au niveau vélo, nous avons changé de marque puisque ce sera Time qui nous équipera pour les cadres et pédales, Corima pour les roues, Sram pour le groupe et Rotor pour les pédaliers et plateaux (plateaux ovalisés). Au niveau vestimentaire, comme vous l'avez peut être déjà vu le maillot a été quelque peu modifié. Le vert a laissé la place au blanc et les tenues seront réalisées par la société Bioracer.

Encore récemment, la presse ne manquait pas de souligner les progrès que tu avais accomplis durant cette année. Quelle est la performance qui t'as le plus marqué ou fait plaisir ?
La performance qui m'a fait le plus plaisir est sans hésitation ma 4ème place à l'Alpe d'Huez lors du critérium du Dauphiné. Cette course est très importante pour moi car elle passe dans la région et fait partie des plus grosses courses du calendrier. J'ai toujours à cœur de briller sur cette épreuve et pouvoir le faire sur l'étape reine reste mon meilleur souvenir. Toutefois, ce n'est pas uniquement le résultat pur qui est important mais le fait que toute l'équipe ait fait un super boulot pour moi toute la semaine. Ce résultat a été une belle récompense pour l'ensemble de l'équipe. On nous présentait au départ du Critérium comme la petite formation. Nous avons prouvé que l'on savait courir en étant soudés et que l'on avait notre place sur les grosses courses du calendrier. De plus, sur cette étape, mon fan club avait fait le déplacement et c'était vraiment sympa de pouvoir passer devant eux avec les meilleurs. Leurs encouragements m'ont aidé à me dépasser et à m'accrocher le plus longtemps possible.

Si tu devais formuler un vœu pour ta saison 2011, lequel serait-il ?
Que toute l'équipe Saur Sojasun fasse une superbe saison avec une participation au Tour de France. D'un point de vue plus personnel, je souhaite simplement continuer à progresser et pouvoir jouer les premiers rôles sur les grosses courses du calendrier.


Tu gagnes le Tour du Doubs, manche de la coupe de France et ensuite le Tour du Gévaudan. Aurais-tu été capable, il y a un an, d'accomplir pareille performance ?
Pour être tout à fait franc, je ne pense pas que j'aurais été capable de faire la même chose l'année dernière. En effet, cette année je suis en pleine confiance, dans une équipe qui marche très bien où tout le monde s'entend à merveille. De plus, j'ai la chance d'être souvent protégé, ce qui me permet de "m'économiser" en vue du final et ainsi d'avoir plus de chance de pouvoir gagner. Toutefois, ces victoires sont avant tout collectives et le fruit d'un gros travail de l'équipe. En effet, au Tour du Doubs, nous étions cinq Saur-Sojasun sur les vingt trois coureurs échappés. Ce surnombre nous a permis de faire une course d'équipe intelligente et ceci a grandement contribué à ma victoire. Lors du Tour du Gévaudan, toute l'équipe marchait très bien et je pense que nous étions collectivement les plus forts puisque nous plaçons trois coureurs aux quatre premières places du classement général.
 
Le final du Tour du Gévaudan était identique à celui de la 4ème étape de Paris-Nice. La connaissance de la "montée Jalabert" t'a-t-elle aidé et as tu l'impression d'avoir mieux négocié l'ascension qu'au mois de mars ?
La montée Jalabert est une bosse très spéciale et jamais facile à négocier. Le fait de connaitre cette ascension et surtout de l'avoir déjà effectuée en course est un vrai avantage. En effet, lors de Paris-Nice, je me suis contenté de suivre le plus longtemps possible les meilleurs. J'ai géré ma montée et vu les erreurs à ne pas commettre (braquet, attaque de trop loin...). Cette expérience m'a été profitable lors du Tour du Gévaudan. J'ai laissé les autres coureurs prendre la course à leur compte et j'ai attendu le meilleur moment pour attaquer, lorsque certains avaient besoin de retrouver leur "second souffle". En revanche, on ne peut pas réellement comparer les deux montées car les conditions, les adversaires et le niveau n'étaient pas les mêmes.
 
Te connaissant, prendre le maillot de leader à un de tes équipiers lors du Tour du Gévaudan a dû être un crève cœur. Y avait-il une stratégie prédéfinie lors du final de cette épreuve ?
Prendre le maillot à Guillaume, restera le seul regret du week end. En effet, j'avais à cœur d'aider mes coéquipiers à gagner une étape ou le classement général afin de les remercier pour tout le travail qu'ils ont fait pour moi toute l'année. Au départ de la course, nous savions que tous les coureurs de l'équipe avaient une chance de pouvoir l’emporter. Nous avions à cœur de tenter de gagner les deux étapes et par conséquent le général. Guillaume ayant gagné la 1ère étape, nous avions donc le maillot de leader à défendre. Toutefois, lors du briefing de la dernière étape, nous avions décidé de défendre le maillot mais également de tenter de gagner l'étape. Lors de la montée Jalabert, nous avons durci la course dès le pied en espérant pouvoir terminer l'étape à deux comme la veille. Malheureusement, il y avait toujours le Hollandais Keldermann avec nous. Comme nous avions décidé au briefing d'assurer la victoire d'étape, j'ai tenté ma chance et ça a marché. Le seul regret restera d'avoir "piqué" le maillot de leader à mon pote guillaume, même si la victoire reste dans l'équipe, ce qui est le principal.
 
Que t'inspirent les nouvelles affaires de dopage qui éclatent en ce moment dans le cyclisme espagnol ?
Malheureusement, c'est encore l'image du vélo qui est écorné. Au delà de ça, cela prouve que les contrôles sont efficaces et c'est le principal. Toutefois, je ne trouve pas normal que ces affaires soient dévoilées au grand public avant même que toutes les analyses aient été effectuées et de pouvoir affirmer la positivité du contrôle. En effet, pour le moment, Contador a subi un contrôle anormal mais n'est pas déclaré positif. C'est la raison pour laquelle, personne n'aurait du être au courant avant que tous les éléments ne soient réunis et une sanction prononcée. Contador a le droit à la présomption d'innocence et le droit de se défendre. Cependant, le mal est fait pour lui, et même si finalement il prouve son innocence, son image est à jamais entachée. C’est l'image du sportif qui est "sali".
 
Le profil des deux courses "italiennes" que tu vas effectuer ce week-end te convient-il et l'envie est-elle toujours là ?
Je ne connais pas vraiment les deux courses de ce weekend. Toutefois, j'ai pu voir sur leur site que les parcours étaient plutôt difficiles, avec de nombreuses bosses. Ce sont des courses qui devraient me convenir. Cependant, en cette fin de saison, la fatigue commence à se faire sentir et j'espère que les sensations seront toujours là pour réaliser un bon week-end.


Sur le Tour de l’Ain la victoire n’était pas loin. La 6ème place que tu as obtenue n’est-elle pas frustrante et qu’est-ce qu’il t’a manqué pour l’emporter ?
C'est vrai qu'au Tour de l'Ain, les sensations étaient très bonnes et j'espérais vraiment gagner une étape ou le général. Je suis resté les trois premiers jours dans le peloton, en essayant d'économiser au maximum mes forces pour l'étape reine du samedi. Pour cela, j'ai pu compter à chaque instant sur le super travail de mes coéquipiers. J'aurais aimé gagner pour les récompenser et ainsi les remercier. On avait décidé de tout tenter sur l'étape du samedi en dynamitant la course très tôt dans l'ascension du grand Colombier. Malheureusement, nous empruntions le coté le "moins" difficile du col et il était très difficile de creuser les écarts. Malgré plusieurs attaques, nous étions encore sept coureurs à basculer en tête au sommet du col. Nous avons ensuite bien collaboré jusqu'à cinq kilomètres de l'arrivée où tout le monde commençait à penser à la victoire. J'ai tenté ma chance au kilomètre avant de me faire rattraper à 200m de la ligne. Bien sûr, j'aurais préféré une arrivée au sommet du grand Colombier. Cette course, près de chez moi, était un gros objectif et je suis forcément très déçu de ne pas avoir réussi à gagner malgré de très bonnes sensations.

Dans l’ascension du grand Colombier, quel braquet as-tu utilisé ?
Pour les trois premières étapes, j'ai utilisé le même braquet, 39-53 pour les plateaux et à l'arrière une cassette 11-23. En revanche pour l'étape de samedi avec l'ascension du grand Colombier, j'ai demandé aux mécanos de changer ma cassette et de me mettre une 11-25. Durant l'ascension, je suis principalement monté en 39X21, 39X23. J'ai utilisé le 39X25 lorsque je montais assis ou que l'allure n'était pas trop élevée. Cela permet de s'économiser avant la grande bagarre.

Sur la fin du Grand Prix Ouest France de Plouay tu figures parmi les coureurs échappés. Puis après le retour du peloton ton nom n’est plus cité. Que s’est-il passé ?
A Plouay, nous avions décidé de placer un coureur dans l'échappée puis, sur la fin de course de suivre les principales attaques afin de ne jamais être piégés. C'est pour cela que j'ai suivi une attaque qui nous a permis de revenir sur l'échappée à deux tours de l'arrivée. Malheureusement, lorsque le peloton nous a repris, quatre coureurs sont tombés juste devant moi à la sortie d'un virage. J'ai réussi à ne pas chuter mais cet incident m'a fait perdre de précieuses secondes. J'ai réussi à revenir sur le peloton dans la dernière montée mais la grande bagarre avait déjà débuté et le peloton était coupé en trois morceaux et quand cela se passe à cinq kilomètres de l'arrivée, la course est jouée.

L’équipe Saur-Sojasun gagne beaucoup en ce moment. Est-ce le fruit de votre travail et de la bonne entente au sein du groupe ou simplement lié à une baisse de régime des autres équipes ?
Depuis la reprise fin juillet au Tour de la Région Wallonne, je crois que l'équipe a gagné au moins une course par semaine. Ces très bons résultats sont bien entendu le résultat de l'excellente ambiance qu'il y a dans l'équipe mais surtout du très bon travail qui a été effectué durant le Tour de France. Ceci montre que toute l'équipe a bien travaillé pendant le mois de juillet (stage en montagne...) et que la déception du Tour est derrière nous. On a tous à cœur de bien finir la saison et d'engranger le maximum de victoires.

Prochainement sera communiqué la liste des sélectionnés pour les championnats du monde sur route en Australie. As-tu une chance de participer à l’une des deux épreuves élites (contre la montre et en ligne) ?
Non ! Premièrement, mes résultats cette année dans le contre la montre ou sur les courses en circuit ne me permettent pas de prétendre à une sélection. De plus, le parcours cette année est bien spécifique et avantagera les sprinteurs ou les puncheurs mais pas tellement les grimpeurs. Cette année, je verrai ces championnats sur le petit écran.


De fin juin à fin juillet, tu es resté un mois sans compétition. Qu'est-ce qu'un coureur pro, comme toi, fait durant cette période.
C'est vrai que lorsqu'un coureur ou une équipe n'est pas sélectionné pour le tour, le mois de juillet est plutôt "tranquille". Après le championnat de France, j'ai coupé une semaine, afin de bien récupérer de la première partie de saison et surtout pour pouvoir recommencer à préparer du mieux possible la fin de saison. Après cette semaine de repos, j'ai repris l'entraînement foncier en accumulant des heures de selle. Plusieurs de mes coéquipiers s'étaient regroupés à Avoriaz pour un stage montagne et j'ai pu rouler avec eux plusieurs fois. Ce stage a d'ailleurs porté ses fruits puisque dans la foulée, l'équipe a gagné au tour de Wallonie et au tour d'Alsace.

Les performances des coureurs français sur certaines étapes du Tour de France t-ont certainement donné encore plus de regrets de ne pas avoir participé à la grande boucle. Est-ce le cas et qu'as-tu pensé de l'édition 2010 ?
J'ai trouvé que ce tour de France 2010 a été intéressant. En effet, aucun des favoris ne dominait réellement la course et le "bluff" a eu un rôle important dans le résultat final. Concernant les français, ils ont réalisé un très beau tour, 6 victoires, un maillot à pois et de nombreuses échappées. Pour ma part c'est vrai que je me dis qu'il y avait peut être quelque chose à faire. Maintenant, je ne peux pas savoir comment je me serais comporté ni quels résultats j'aurais pu obtenir. Je préfère d'ailleurs ne pas y penser, me concentrer sur la fin de saison et penser au tour 2011 en espérant que nous seront de la partie.

Tu viens de disputer le Tour d'Alsace ainsi que Paris-Corrèze. Quelles étaient tes ambitions sur ces courses de reprise et quels sont tes objectifs pour cette fin de saison ?
Sur ces deux courses, je n'avais aucun objectif particulier. Je voulais avant tout pouvoir jauger ma forme par rapport aux autres coureurs et essayer de gagner une étape. Sur ces deux courses les sensations étaient plutôt bonnes même si je n'ai pas pu gagner d'étape.
Pour la fin de la saison, je n'ai pas vraiment d'objectifs. Cependant, j'aimerais arriver en forme pour le tour de l'Ain et le grand prix de Plouay.

Tu es actuellement le 3° français au classement UCI. Sur quelles courses un coureur peut-il marquer des points ?
Le classement UCI, ne prend en compte que les résultats obtenus sur les courses pro tour (Paris-Nice, Dauphiné, Classiques ardennaises et flandriennes, grand tour, championnat du monde...). Pour les coureurs des équipes continentales pro, il est plus difficile de marquer beaucoup de points puisque ces équipes ne sont pas invitées sur toutes les épreuves du calendrier pro tour.


Tu as obtenu ta première victoire cette saison sur le  Rhône Alpes Isère Tour. Les fines bouches vont dire que tu l’as emporté dans une course de catégorie 2. Pourtant elle a été obtenue après une lutte intense. Qu’en penses-tu ?
Comme on dit souvent, il n'y a pas de petites victoires. Sur cette course, la victoire n'a pas été facile à aller chercher face à des équipes qui voulaient montrer qu'elles pouvaient rivaliser avec les professionnels.  De plus, les autres équipes savaient que l'on venait sur cette course avec de l'ambition et l'envie de gagner. Elles ne nous ont pas fait de cadeaux et c'est seulement le samedi soir que l'on a vraiment cru que nous pouvions l’emporter. Avant, la course était décousue, avec de faibles écarts. Pour finir, il ne faut pas croire que les amateurs n'ont "pas le niveau" car beaucoup d'entre eux auraient largement la faculté d'évoluer chez les pros.
 
Gérer un maillot jaune durant une course à étapes n’est jamais facile. As-tu acquis une plus grande expérience à l’issue de cette épreuve ?
C'est vrai que c'était la première fois que je portais un maillot de leader chez les professionnels et forcément j'ai acquis énormément d'expérience pendant cette semaine. Durant cette course, j'ai pu compter sur un formidable travail de toute l'équipe Saur-Sojasun pour défendre ma position au classement général. Tous les copains ont fourni un merveilleux travail pour que je garde ce maillot et je leur dois en grande partie cette victoire.

Comment as-tu préparé le critérium du Dauphiné ?
Après le Nord-Isère, j'ai coupé trois jours sans faire de vélo avant de reprendre par un stage en montagne avec Guillaume Levarlet et Yannick Talabardon. Durant cette période, nous avons reconnu les trois dernières étapes du Dauphiné, ce qui est très important en vue de la préparation d’une course difficile comme le Dauphiné. En effet, connaitre les étapes permet de s’accrocher et de mieux gérer les efforts, notamment dans les cols.
 
Se retrouver aux côtés de Contador dans une ascension aussi mythique que celle de l’Alpe d’Huez cela marque forcement les esprits. Comment as-tu vécu cette journée ?
Au départ de cette étape, je ne savais pas trop où me situer par rapport aux meilleurs grimpeurs. Toutefois, je sentais que la forme allait crescendo et j'étais plutôt confiant même si je ne pensais pas du tout pouvoir accrocher les meilleurs jusqu'à un kilomètre du sommet.
Durant toute cette journée, les sensations étaient très bonnes et l'équipe a fait comme d'habitude un superbe travail. En effet, Guillaume Levarlet était dans l'échappée toute la journée et nous l'avons repris dans l'ascension de l'Alpe où il m'a encore aidé avant de finir tranquille. Durant cette étape j'ai pu aussi compter sur tous mes autres coéquipiers et plus particulièrement Yannick Talabardon, qui est resté avec moi toute la journée et qui m'a idéalement placé au pied de l'Alpe. Après tous les efforts qu'ils avaient fournis durant la semaine pour que j'arrive le plus frais possible dans les étapes de montagne, je me devais de faire du mieux possible pour les remercier.
Pour terminer, monter l'Alpe en compagnie de Contador, Brajkovic ou Zmyd, restera un merveilleux souvenir. Même si ce n'est pas le tour de France, l'ascension de l'Alpe reste mythique et je suis content d'avoir pu suivre les meilleurs durant cette étape. De plus, tout mon fan club était venu me voir dans cette ascension et leurs encouragements m'ont permis de me dépasser. Merci à eux!!!
 
Les médias, les directeurs sportifs parlent de toi comme le grand espoir du cyclisme français. Ce statut n’est-il pas difficile à assumer et la pression n’est-elle pas devenue subitement très grande pour un jeune coureur comme toi ?
Tout le monde cherche le nouvel espoir français. Un jour c'est Pierre Rolland, après Anthony Roux ou Romain Sicard et maintenant moi. Personnellement, je fais abstraction de cette "étiquette" même si c'est très flatteur pour moi. Je continue de travailler dur et sérieusement pour poursuivre ma progression.
En ce qui concerne la pression, je ne la ressens pas spécialement. En effet, l'équipe me fait confiance et me laisse le temps de progresser, sans brûler les étapes. J'ai la chance d'être très bien entouré par le staff de mon équipe et par mes proches. Cela me permet de rester concentré sur mes entraînements et mes objectifs.
 
La pilule n’est-elle pas amère à digérer après l’annonce que l’équipe Saur-Sojasun ne serait pas retenue pour disputer la Vuelta ?
Oui et non. En effet, nous nous attendions plus ou moins à une telle décision. Les patrons de la Vuelta ont décidé de retenir en priorité les équipes espagnoles, ce qui est logique et compréhensible. Les organisateurs du Giro en ont fait de même avec les équipes italiennes. Malheureusement ceux du Tour n'ont pas fait les mêmes choix.
 
Prochainement tu vas t’aligner sur les deux épreuves élites du championnat de France, le contre la montre et l’épreuve en ligne. Quelles sont tes ambitions pour ces deux courses ?
Concernant le championnat de France, je n'ai pas d'ambitions particulières. En effet, je n'ai pas encore totalement récupéré du Dauphiné et j'ai du mal à savoir où je peux me situer. Cependant, je vais me rendre en Vendée pour faire du mieux possible et pourquoi pas réaliser un podium sur l'une des deux courses si j'ai réussi à bien récupérer.


A la suite de Paris-Nice, tu as enchaîné avec le critérium international et la route Adélie où, tu paraissais moins fringuant. Est-ce la fatigue ?
C'est vrai qu'après Paris-Nice j'ai eu deux semaines plutôt difficiles physiquement. Le froid que l'on a rencontré sur cette épreuve a laissé des traces et la récupération a été plus dure que prévu. De plus, après cette semaine de compétition, j'ai voulu repartir rapidement sur un cycle de préparation au lieu de privilégier le repos. Malheureusement, cela m'a encore plus fatigué et j'ai mis deux semaines avant de retrouver de bonnes sensations.
Après Paris-Nice, j'ai couru au Cholet-Pays de la Loire et au critérium international où les sensations n'étaient vraiment pas terribles. Cependant, lors de la route Adélie les sensations étaient meilleures et j'ai pu prendre du plaisir pendant cette course.

La coupure que tu as observée durant la première quinzaine d'avril semble avoir été bénéfique puisque lors des deux derniers week-ends tu as obtenu trois places d'honneur. Qu'en penses-tu ?
Après un début de saison bien rempli, la coupure était la bienvenue, tant physiquement que psychologiquement. J'ai coupé quatre jours, sans vélo, avant de reprendre progressivement l'entraînement. Je suis resté deux semaines sans courir et c'est vrai que mes résultats sur mes courses de reprise m'ont plutôt surpris. Cela prouve que la coupure est arrivée au bon moment et que les entraînements durant cette période ont été bénéfiques.

Sur ces trois dernières courses, que te manque-t-il pour prétendre à la victoire ?
De la réussite! Lors du tour du Finistère, les sensations étaient très bonnes mais les autres équipes (Bretagne-Schuller, Française des jeux, Cofidis) étaient en surnombre. A partir de là, il était très difficile de manœuvrer dans le final. J'ai attendu le dernier tour pour attaquer et tenter de finir seul. Malheureusement cela n'a pas fonctionné. En Espagne, cela a été un peu différent. En effet, le samedi j'ai passé la journée échappé et la dernière bosse n'était pas suffisamment sélective. Nous sommes donc arrivés au sprint à cinq coureurs. Le lendemain, les jambes étaient lourdes et j'ai plus subi que la veille. Lorsque que nous nous sommes retrouvés à six à 15km de l'arrivée, j'étais un peu émoussé. Je termine 4ème mais sans regret contrairement au samedi où j'avais les jambes pour gagner. Je tourne autour depuis trois semaines et j'espère maintenant que la réussite va venir !

Pas de Tour de France pour Saur-Sojasun, sauf exclusion de dernière minute d'une équipe sélectionnée, et peut-être pas de Dauphiné-Libéré. N'est-ce pas frustrant d'être toujours dans l'incertitude et quels commentaires t'inspirent cette non-sélection pour la grande boucle ?
Je savais en rejoignant l'équipe Saur-Sojasun que nous serions souvent tributaires d'une invitation pour les grandes compétitions. Toutefois, nous savions que cette année serait particulièrement difficile pour obtenir une invitation pour le Tour de France. Il n'y a que 22 équipes au départ et par conséquent des mécontents. Bien sûr, nous sommes déçus car je pense que nous avions notre place en juillet. Cependant, la saison cycliste ne s'arrête pas au Tour de France et il y a beaucoup d'autres belles courses pour s'illustrer.
En ce qui concerne le dauphiné, nous attendons une invitation. Pour l'instant, je m'entraîne comme si nous y allions en espérant qu'une bonne nouvelle arrivera bientôt. Il est vrai qu'il n'est pas toujours
facile d'attendre des invitations pour les grandes courses. Toutes les nouvelles équipes doivent passer par là et nous savons que l'année prochaine, une fois que nous aurons fait nos preuves, les portes s'ouvriront plus facilement.


Depuis le début de saison, sur toutes les courses sur lesquelles tu t'es aligné tu as été un candidat à la victoire. Estimes-tu avoir franchi un palier par rapport à tes deux premières années pro ?
Je ne sais pas si j'ai franchi un palier mais je pense surtout avoir gagné en expérience. En effet, j'arrive mieux à lire la course et à attendre les moments propices pour attaquer. Ce bon début de saison prouve que le travail hivernal porte ses fruits. De plus, toute l'équipe marche bien ce qui crée une vraie émulation et tire le groupe vers le haut. Mon bon début de saison s'explique aussi par le fait que j'ai eu sur ces courses un statut de coureur protégé. Cela m'a permis d'économiser mes forces et ainsi d'être plus frais dans le final.
J'en profite pour remercier l'ensemble de l'équipe Saur-Sojasun (coureurs, mécanos, kinés, directeurs sportifs....) pour le super boulot qu'ils font depuis le début de la saison.

Sans prétention, on peut dire que tu fais parti, à l'heure actuelle, des meilleurs coureurs français. Dans quels domaines penses-tu devoir ou pouvoir t'améliorer pour lutter avec les meilleurs mondiaux ?
Et bien dans tous ! En effet, il faut que je progresse dans tous les domaines pour pouvoir jouer un jour la victoire avec les meilleurs mondiaux. On va dire que pour l'instant je "limite" la casse par rapport aux meilleurs mais sans pouvoir les inquiéter. Ma principale lacune pour le moment est mon manque de puissance qui me fait perdre de précieuses secondes sur les meilleurs lors des prologues ou des chronos plats. Il faudra également que je progresse en montagne car je suis encore juste sur les longues ascensions, mais cela viendra également avec l'âge et l'enchaînement de grosses courses. Maintenant, j'espère simplement continuer à progresser et à franchir des paliers tous les ans afin de pouvoir jouer plus régulièrement les premiers rôles sur les grosses courses par étapes.

Sur Paris-Nice, tu as endossé pour la première fois l'étiquette d'un leader d'équipe. Comment as-tu vécu cette nouvelle responsabilité et la manière d'aborder la course a-t-elle été fondamentalement différente ?
C'est vrai que c'était une première pour moi d'être leader chez les professionnels. Cela prouve que l'équipe me fait confiance et je les remercie. En ce qui concerne ma manière d'aborder la course, cela n'a rien changé, même lorsque l'on n’est pas leader on se doit d'arriver en forme et d'être concentré sur toutes les étapes. La principale différence se fait pendant la course où tous les copains sont à ton service au détriment, quelquefois, de leurs ambitions personnelles. C'est à ce niveau que ce fut le plus dur pour moi. En effet, il n'est pas facile de les voir se "sacrifier" pour soi alors qu'ils auraient peut être fait un très bon résultat en courant pour eux. Cependant, lorsque l'on a toute une équipe à son service et que tous ses potes roulent pour que l'on soit dans les meilleures dispositions (sans prendre de vent, sans aller chercher de bidon....) c'est plus facile de s'accrocher. Je pense dans ces moments là à ce qu'ils ont fait pour moi durant toute la journée.
Je profite d'ailleurs de cette interview pour remercier tous mes coéquipiers qui ont fait un super boulot toute la semaine et sans eux je n'aurais jamais pu faire ce résultat. Même si les félicitations sont pour moi, ce résultat est avant tout un résultat collectif où toute l'équipe Saur-Sojasun a fait un travail exceptionnel.

Lors de la course au soleil, on t'a vu te battre quasiment tous les jours avec des coureurs comme Contador, Valverde, ou d'autres qui ont déjà terminé dans le top 5 du Tour de France. N'est-ce pas à la fois impressionnant et encourageant pour la suite ?
Pouvoir suivre des coureurs de ce niveau est bien sûr encourageant pour la suite. Cependant, il faut rester les pieds sur terre et bien se rendre compte que sur ce Paris Nice, je me suis contenté de les suivre en essayant de ne pas perdre de temps mais sans pouvoir les inquiéter. Toutefois, pouvoir les suivre lors des étapes difficiles était vraiment une fierté pour moi et m'a donné beaucoup de confiance pour la suite de la saison.

En début de saison, tu as ciblé tes premiers objectifs pour la fin mars et le début avril. Tes visées sont-elles toujours les mêmes ?
Mes objectifs ont un peu changé. En effet, lorsque Jonathan Hivert, qui était notre leader pour Paris Nice, a connu quelques soucis, j'ai été désigné leader à sa place. Ce changement de statut m'a obligé à accélérer ma préparation en vue de la course au soleil afin d'arriver au top et de pouvoir y jouer les premiers rôles. Cependant, le critérium international et la route Adélie restent des objectifs importants. Pour le reste du mois d'avril mes objectifs vont changer car je devrai vraisemblablement observer une période de repos après la route Adélie et par conséquent rater le circuit de la Sarthe qui était initialement un objectif.


L'an dernier, tu avais effectué des tests en soufflerie pour améliorer ta position. As-tu procédé à des tests similaires avec ta nouvelle équipe ?
Pas encore, nous avons reçu notre nouveau vélo de contre la montre il n'y a pas très longtemps. De plus, on va en recevoir un nouveau à la mi-saison donc on ira peut être à ce moment là. Prochainement, on va améliorer ma position grâce à la vidéo et grâce à un logiciel qui permet de calculer sa surface frontale. Nous allons aussi aller sur piste pour valider sur le terrain la nouvelle position. Cela permettra de voir à vitesse élevée si on développe plus ou moins de watts par rapport à l'ancienne position.

Ton programme de courses de début de saison devait te voir débuter au Tour Méditerranéen. Finalement tu commences sur l'étoile de Bessèges. Pourquoi ce changement ?
Tout simplement pour remplacer Sébastien Joly qui a eu une tendinite. Cela lui a permis de récupérer plus longtemps et de se soigner complètement. Personnellement cela ne changeait pas grand chose à ma préparation et j'ai ainsi pu découvrir une très belle course. Depuis mes débuts chez les professionnels, j'ai toujours participé au tour méditerranéen. En modifiant mon programme, j'ai découvert plus tôt mon nouveau matériel et pris rapidement mes automatismes avec mes nouveaux coéquipiers.

Au classement final de l'étoile de Bessèges, tu ne termines qu'à dix secondes du vainqueur. Ce résultat n'est-il pas encourageant pour la suite vu la préparation très avancée de certains coureurs ?
C'est vrai que je ne m'attendais pas à être si bien physiquement puisque je n'avais pas encore fait d'intensité car ma rentrée n’était programmée qu'au tour méditerranéen. Les premières étapes étaient plutôt plates. J'ai pu ainsi me mettre progressivement dans l'allure et me sentir de mieux en mieux au fil des jours. Cependant, je ne pouvais pas réellement jouer la victoire, ma condition n'était pas suffisante par rapport à des coureurs qui ont couru au soleil (Australie, Gabon...), ou ceux qui ont beaucoup roulé afin d'être prêts pour les classiques.

Ta prochaine course sera le Tour du Haut Var. Quel sera ton programme d'entraînement durant cette quinzaine (ski de fond, musculation, vélo ....) ?
Pour le début de cette semaine, je vais privilégier la récupération car l'enchaînement de cinq étapes à cette époque de l'année laisse vite des traces. Ensuite ce sera principalement du vélo avec une alternance de sorties foncières et de sorties spécifiques (musculation sur le vélo, petites intensités...) afin de peaufiner la forme en vue du Haut Var. Si les conditions climatiques ne sont pas bonnes, je retournerai faire du ski de fond. Cette activité me permet de bien travailler sans trop sentir le froid. Je vais surtout aussi faire beaucoup de télé et d'internet pour suivre les copains qui seront soit sur le tour du Qatar soit au Tour Med. En espérant que ça marche pour eux !!!


Tu as déjà effectué plusieurs stages avec tes nouveaux équipiers de l'équipe Saur-Sojasun. Comment as-tu vécu cette première approche ?
Les deux stages que nous avons effectués se sont très bien passés, l'ambiance était excellente. Durant ces deux stages nous n'avons pas fait de vélo mais des activités que nous ne sommes pas habitués à faire : ski de fond, raquettes, course d'orientation, foot....
En ce qui concerne l'intégration, tout s'est très bien déroulé. En effet, nous nous connaissions déjà tous plus ou moins et le premier stage nous a permis de faire plus amplement connaissance et de nouer les premiers liens.

En changeant d'équipe as-tu modifié ta préparation hivernale ? Comment se déroule-t-elle ?
Ma préparation hivernale n'a pas tellement changé par rapport aux autres années. Je continue à concilier le vélo et le ski de fond. Le mois de novembre était pour moi la reprise de l'entraînement avec diverses activités : footing, musculation, VTT... Durant le mois de décembre, nous avons effectué notre second stage, aux saisies, où nous avons pu profiter des premières chutes de neige en faisant du ski de fond ou de la raquette. J'ai également repris plus assidûment le vélo, en faisant notamment un stage dans le sud avec sept autres coureurs de l'équipe.
Je gère ma préparation en fonction des conditions climatiques en jonglant entre le vélo, le ski fond ou l'home-trainer. L'équipe me fait confiance et me laisse gérer ma préparation sans me mettre de pression.


Le passage d'une équipe Pro Tour à une équipe Pro Continental ne va-t-il pas bouleverser ton planning de courses ?
Non pas du tout, le programme sera sensiblement le même. La principale différence sera au niveau des courses Pro Tour (Paris-Nice, Tour de France...) où nous devrons obtenir une Wild card (invitation). Nos résultats du début de saison seront donc importants en prévision d'une sélection sur ces courses.

As-tu ciblé des objectifs pour cette nouvelle saison ?
Mes objectifs seront plus ou moins les mêmes que les autres années, avec un début de saison sans pression. Mes objectifs arriveront plus tard avec le critérium international, la route adélie ou le circuit de la Sarthe. Cependant, mes objectifs seront définis plus précisément lors de notre stage la semaine prochaine.

En cette période de vœux qu'aimerais-tu que l'on te souhaite pour 2010 ?
J'aimerais simplement que Saur-Sojasun réalise une bonne saison, avec comme cerise sur le gâteau une participation au Tour.
Personnellement, j'aimerais continuer ma progression sans pépin et réaliser une saison complète avec pourquoi pas une nouvelle victoire cette saison.
Je profite de cette interview pour souhaiter à mon tour mes meilleurs vœux à tous les membres de mon fan club, santé, bonheur et réussite à tout le monde. Et rendez vous en 2010 sur les routes !


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